Ellalie, une hirondelle provençale
Le journaliste Philippe Squarzoni a publié en 2002 aux éditions Requins marteaux une bande dessinée intitulée Garduno, en temps de paix.
Une préface signée Ignacio Ramonet (oui, LE Ignacio Ramonet du Monde Diplomatique) introduit ce chef d’œuvre au sein duquel Squarzoni propose une analyse de la mondialisation et de ses conséquences sur l'homme.
Après s’être longuement documenté, Philippe Squarzoni nous offre une vision de la condition de l’homme en ce début de troisième millénaire.
Qu’est-ce que la modernité ? Selon la logique économique, être moderne, c’est être compétitif, favoriser le libre-échange. Et ne pas être moderne, c’est penser en terme de syndicats, d’acquis sociaux … Vite ! Modernisons-nous ! Supprimons tous ces acquis sociaux qui entravent la route conduisant à la mondialisation ! Et que les Etats dilapident toutes leurs richesses en les privatisant … et en donnant plus de poids entreprises !
Mais Philippe Squarzoni nous rappelle que les grand gagnants de cette politique libérale n’ont pas en charge le pouvoir public ! Ils préfèrent supprimer les lois gênantes à leur recherche de profit. Une loi interdisant la vente d’un additif de carburant dangereux pour la santé a été abrogée au Canada suite à la plainte déposée par la firme Ethyl Corporation. L’état a même du verser une grosse somme à l’entreprise en guise de dommages et intérêts !
Aux Etats-Unis, les entreprises touchent 170 milliards de dollars par ans d’aides de l’Etat. En 1994, ces mêmes entreprises, ont licencié 340 000 personnes et ont réalisé un bénéfice de 25 milliards. Squarzoni nous suggère que « les assistés sociaux ne sont pas ceux que l’on pense ».
« Mais les entreprises créent des richesses ! » => il vaut mieux répartir les richesses que les créer. Lorsque Bill Gates double ses revenus, celui d’un million d’américains est divisé par deux.
Et les médias dans tous ça ? Les médias SONT des entreprises : ils véhiculent ainsi les valeurs et leurs intérêts (voir l’article sur la téléréalité)
On demande à ces pays de tailler le budget de l’état, licencier des fonctionnaires, privatiser et augmenter les impôts pour rembourser les prêts accordés par Le FMI… Au Mozambique, 1 enfant sur 5 meurt d’une infection avant l’âge de 5 ans. Ce pays consacre deux fois plus d’argent au remboursement de sa dette qu’aux dépenses en matière d’éducation et de santé… alors que l’on pourrait très bien supporter l’annulation de cette dette qui représente 5% des avoirs mondiaux. Mais, comme nous le rappelle Squarzoni, ce serait renoncer à ce formidable outil de contrôle politique que sont les plans d’ajustement structurels par lesquels on peut obliger des populations à produire du soja aux hormones destinés à l’exportation (tiens, ça me rappelle ce documentaire sur la perche du Nil…).
Après presque 20 ans de Tchaterisme, le nombre de sans-abris a doublé outre-manche. 25% des individus vivent en-dessous du seuil de pauvreté contre 9% en 1979. Avec Blair, rien a changé. Aujourd’hui, 35% des enfants vivent dans la misère… le SMIC et le code du travail n’existent pas. Cependant, Le FMI considère que les performances de l’économie britannique sont enviables et résultent de politiques économiques profondément saines.
Il faut organiser une résistance des esprits… dans ce but, Ignacio Ramonet a créé l’association Attac. Rendez-vous sur ce site ne serait-ce que pour l'introduction !
Voilà un rapide aperçu de quelques réflexions menées au sein de cet ouvrage. La suite de cette résistance est parue au sein d’un second volume intitulé : Zapata, en temps de guerre