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Ell' & les médias

Mardi 7 mars 2006

    Aujourd'hui, je vous fais partager une rencontre très enrichissante : une rencontre avec un reporter de guerre qui a créé sa propre maison de production, vend ses reportages aux chaînes de télévision après avoir couvert des conflits pendant des années pour un groupe important.   
P. nous explique qu’en tant que reporter de guerre, il a la volonté de nous transmettre un message, de faire réagir l’opinion publique, et non de courir après le scoop. En effet, dans la réalité, les reporters des différents groupes ne sont pas concurrents : ils se retrouvent sur le terrain, et restent toujours ensemble. Un reporter a pour but de transmettre au téléspectateur l’émotion qu’il ressent sur le terrain. 
Il faut placer des journalistes de chaque côté pour couvrir un conflit en confrontant différents points de vue.

Voici un petit cours de grammaire … de l’image :

Chaque image et angle de vue est le fruit d’une réflexion préalable. En effet, on ne filme jamais de manière innocente. Avant même la réalisation d’un documentaire (52 à 90 min), une grande partie du tournage est pré-écrite : on décrit les personnes que l’on va rencontrer, la façon dont on va filmer, la façon dont va les habiller…

Si l’on habille le « témoin » avec des couleurs chaudes ou si on le cadre à gauche ou encore si le cadrage est serré, on souhaite que le téléspectateur éprouve de l’empathie pour cette personne.

Si l’on habille le « témoin » avec des couleurs froides, ou qu’on le cadre à droite ou encore si le cadrage est large, on souhaite que le téléspectateur garde de la distance par rapport au personnage.

Le cadrage serré suggère au téléspectateur : « écoute ce qu’il a à te dire, c’est intéressant ».

Un reporter qui filme un individu qui témoigne tout en faisant quelque chose (exemple d’un barman en train de préparer un café tout en témoignant), il souhaite dire aux téléspectateurs : « ne tenez pas trop compte de ce qu’il dit, ce n’est pas d’une grande importance ».

    Par ailleurs, la nationalité du journaliste influe sur sa manière de filmer. Par exemple, les reporters américains vont retracer toute l’histoire du conflit, du pays sur support d’images qui n’ont qu’une valeur illustrative (exemple d’une fusillade) alors que les reporters français vont raconter l’histoire de la fusillade. Les anglo-saxons suivent une autre logique, il sont dans une démarche beaucoup plus politique. Contrairement aux reporters français ou italiens, les anglo-saxons portent toujours un casque et un gilet pare-balle. Les reporters français préfèrent éviter ce port, car cela met de la distance entre eux et la population, qui se confie alors beaucoup moins facilement. Par conséquent, les reporters anglo-saxons sont obligés de porter ce gilet et ce casque car sinon les téléspectateurs ne vont pas comprendre qu’ils se trouvent dans un endroit dangereux.

Il est important que le documentaire permette une identification de la part du téléspectateur . Pour cela, il va utiliser des artifices : long passage sans commentaires, musique, entrecoupement de témoignages…).

Il faut prendre de la distance par rapport aux reportages d’Envoyé Spécial, Reportages ou Droit de savoir : ces reportages présentent des cas spécifiques, qui se rapprochent de la télé-réalité (on en parlera dans un prochain article), et la plupart du temps, ces reportages ne sont pas réalisés par des journalistes. Ils sont par ailleurs commandés par la chaîne, qui sait d’avance quelles images elle veut montrer du sujet choisi.

Par Ellalie
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Lundi 13 mars 2006

En cette semaine de la presse et des médias, je vous propose de réfléchir sur les valeurs prônées par les émissions de téléréalité. Voici une liste (non exhaustive) des émissions de téléréalité que l'on peut (ou que l'on a pu) suivre sur nos chaînes de télé préférées :

Loft story
Nice People
Le pensionnat de Chavagnes
Star Académy
Super Nanny
La ferme
Kho Lanta
On a échangé nos mamans
J'ai décidé de ...
Nouvelle Star
Pop star
Sans aucun doute
Fear factor
Le royaume

etc... il y en a beaucoup d'autres, vous pouvez compléter cette liste. Ensuite, je vous demande de regrouper ces émissions en fonction des valeurs véhiculées par chacune d'elles... Et demain, je vous propose une analyse de ces émissions de téléréalité en fonction des valeurs véhiculées par chacune !

Ellalie

Par Ellalie
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Mercredi 15 mars 2006
Suite à l'article précédent, voici une proposition de classement :

La séduction :
Opération séduction
L’île de la tentation
Bachelor

Le dépassement de soi/des émotions:
Fear factor
Kho lanta

La compétition :
Star académy
Pop Star

Nouvelle star, et en général, la grande majorité des émissions de téléréalité

La vie en communauté/capacités d’adaptation :
Kho lanta
Loft story
Nice people
La ferme
Les colocataires

La soumission à l’autorité :
Première compagnie
Le pensionnat de Chavagnes
Le royaume
Oui Chef

L’éducation :
On a échangé nos mamans
Super Nanny

Changement de soi, évolution :
J’ai décidé de … maigrir
Nouveau look pour une nouvelle vie
 

On assiste à un formatage normatif de l’individu afin qu’il soit adaptable au monde de l’entreprise. Ces valeurs rejoignent celles prônées par le monde de l’entreprise. Nous sommes dans une société libérale où les entreprises gouvernent le monde et les pensées des individus. Ces derniers sont formatés à travers les émissions de téléréalité -entre autres- qui reposent sur des valeurs inhérentes à l’entreprise.

Par ailleurs, derrière chaque émission de téléréalité se cachent des sponsors et des annonceurs assez présents. Ne pas oublier que Patrick Le Lay (TF1) a dit : « Je vends aux annonceurs des espaces de cerveau disponibles ».

 

Conclusion : surtout n’arrêtez pas de visionner les émissions de téléréalité. Plus vous en regarderez, plus vous serez formatés afin de répondre au mieux aux exigences des entreprises … mais n'oubliez pas d'y porter un regard critique ...

Par Ellalie
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Mercredi 22 mars 2006

Après un article très intéressant sur mon rat, je vous propose de vous pencher sur les Une du Figaro et de Libération du 20 Mars 2006. On constate dans un premier temps que chacun de ces journaux a choisi de mettre en valeur les informations relatives au CPE, ce qui n'est pas étonnant.






















Libé nous propose un titre très incitatif "A la rue" sur une photo en pleine page de notre cher ministre de dos ! Alors les étudiants sont descendus "A la rue" et "A la rue", le ministre ! Voilà les messages que souhaitent nous transmettre ce journal... Le message véhiculé par Libération est ainsi très clair ! Le Figaro nous offre une image du ministre de face, les mains croisés, le regard déterminé, avec ce titre : "Villepin rejette l'ultimatum des syndicats".

De même, le chapeau du Figaro précise que "le gouvernement réaffirme qu'il n'entend pas retirer le texte" alors que le chapeau de Libération indique que "le premier ministre n'entend toujours pas céder"... Alors que la Une du Figaro laisse penser que le gouvernement fait bloc, Libération sous-entend que seul le premier ministre est concerné par cette histoire... le vilain petit canard doit quitter le gouvernement...

Je trouve que ces deux Une sont très intéressantes car elles illustrent parfaitement l'idée selon laquelle une même information peut être traîtée sous différents angles de vue qui sont fonction de la ligne éditoriale du journal ...
Par Ellalie
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