Le 12 juin prochain nous célèbrerons la journée mondiale contre le travail des enfants. En effet, les chiffres sont alarmants. D'après le BIT - Bureau International du Travail :
246 millions d'enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent dans le monde, c'est à dire 21% des enfants d'Asie, 16.5% des enfants d'Amérique latine, 29% des enfants vivant en Océanie et 41.4% des enfants africains !
4 enfants sur 5 ne perçoivent aucune rémunération et travaillent 7 jours sur 7. Plus d'1 enfant sur 2 travaille plus de 9 heures par jour !
Sur ces 246 millions d'enfants, 179 millions sont assujettis à ce que l'on appelle les "pires formes de travail", c'est à dire qui mettent en danger la santé physique /mentale ou la moralité de l'enfant.
8.4 millions effectuent un travail directement condamnable : traite, servitude (conflit armé, prostitution, pornographie...).
On estime à 1 million le nombre d'enfants concernés par le commerce sexuel, et 300 le nombre d'enfants enrôlés dans les forces armées, les filles enrôlées étant victimes d'esclavage sexuel.
Quelles sont les activité principales de ces enfants ? 70% travaillent dans l'agriculture, 8.3% des le commerce, 8.3% dans la fabrication et 6.5% dans les sevices communautaires.
Cependant, les pays développés sont aussi concernés par le travail des enfants. Par exemple, on estime à 5.5 millions le nombre d'enfants travaillant aux Etats-Unis, et ils seraient quelques milliers en France (sûrement beaucoup plus dans les années à venir avec l'apprentissage à 14 ans...).
Par ailleurs, des multinationales sous-traitent la fabrication de leurs produits (notamment des ballons de foot payés 0.50 euros pièce au patron) aux usines proposant les tarifs les plus intéressants. Or, ces dernières emploient souvent des enfants et femmes esclaves ! Le boycott des produits est cependant déconseillé : il pousserait au licenciement de ces enfants qui seraient amenés à pratiquer des activités plus dangereuses. Il faudrait sanctionner ces grosses firmes ! Mais dès que lumière est faite sur ce type de pratique, l'entreprise change de sous-traitant ... On joue alors au chat et à la souris ! Afin de faire face à ce type de phénomène, le Bureau International du Travail lutte pour que tous ces enfants soient syndicalisés.
Le 20 Novembre 1989, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l'unanimité la Convention Internationale des droits de l'enfant. L'ensemble des pays a ratifié cette convention, hormis deux pays : La Somalie ... et les Etats-Unis (car elle interdit la peine de mort pour les mineurs... qui est heureusement abolie depuis janvier 2005 !)
Cette convention reconnaît tout d'abord à l'enfant un certain nombre de droits fondamentaux : le droit de vie, de liberté (d'expression, de conscience, de circulation), l'égalité (aucune forme de discrimintation n'est autorisée), la dignité. Ensuite, l'enfant a des droits sociaux et culturels : il a droit à un niveau de vie suffisant, à la santé, à l'éducation, aux loisirs. Par ailleurs, la protection de l'enfant est renforcée, qu'il soit victime ou auteur de violences. L'enfant a aussi droit à une vie familiale.
Le fossé entre les pratiques observées et les principes de cette convention ne cesse de s'agrandir ... A qui la faute ?
Ellalie, une hirondelle provençale